2025-10-16






Green IT : comment réduire l'empreinte carbone de vos systèmes informatiques ? Face à la croissance numérique, le secteur de l'IT pèse lourd dans le bilan carbone mondial et français : il représente déjà jusqu'à 4,4 % des émissions de gaz à effet de serre en France, et cette proportion pourrait doubler en dix ans sans évolution des pratiques. La multiplication des appareils connectés, la hausse de la consommation énergétique des datacenters et la rapidité d'obsolescence des équipements informatiques mettent en lumière le besoin urgent d'une transition vers un numérique plus vertueux et circulaire. Les entreprises, soumises à de nouvelles réglementations et à une sensibilité accrue des parties prenantes, doivent désormais intégrer l'empreinte environnementale du numérique dans leur stratégie RSE et leur fonctionnement quotidien. Le Green IT, ou informatique durable, propose des solutions concrètes pour agir à chaque étape du cycle de vie des systèmes informatiques et engager une transformation profonde en faveur de l'innovation responsable. L'urgence de la sobriété numérique Depuis quelques années, la transformation numérique s'accélère dans toutes les organisations, déployant de nouveaux outils et infrastructures toujours plus puissants. Pourtant, derrière les promesses d'agilité et d'innovation, notre dépendance croissante au numérique entraîne une forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l'IT. Selon les estimations, le secteur du numérique représente à lui seul entre 3 et 4 % des émissions mondiales, avec une croissance annuelle comprise entre 2 et 7 %. À titre de comparaison, près de 70 % de l'empreinte carbone du numérique proviennent de la fabrication des équipements, tandis que les centres de données et les réseaux continuent d'alimenter cette hausse. Dans ce contexte, la maîtrise de l'impact environnemental des systèmes informatiques n'est plus une option, mais un impératif pour respecter les Accords de Paris et répondre aux exigences croissantes des clients, collaborateurs et régulateurs. Les leviers d'action concrets pour un SI plus vert Optimiser l'utilisation des équipements et des infrastructures La gestion du parc informatique représente le premier facteur d'émissions de GES du numérique. Allonger la durée de vie des équipements, privilégier le reconditionné et s'attaquer à l'obsolescence programmée sont des actions clés. Cela suppose aussi une politique d'achat responsable, en sélectionnant des matériels labellisés, moins énergivores, et en assurant leur recyclage en fin de vie. Du côté des infrastructures, les centres de données (datacenters) sont d'importants consommateurs d'énergie. L'optimisation du refroidissement (free cooling), la virtualisation des serveurs et la mesure constante de la performance énergétique (PUE) sont recommandées pour diminuer l'empreinte carbone jusqu'à 40 %. Le recours au cloud écoresponsable permet également de réduire la consommation énergétique de 93 % par rapport à une infrastructure classique internalisée. Réduire la consommation énergétique grâce à la sobriété numérique L'écoconception des logiciels et services web diminue leur empreinte carbone dès la conception : simplifier les interfaces, limiter les animations ou les transferts de données inutiles, alléger les pages et restreindre les fonctionnalités superflues réduisent la consommation globale. Seulement un quart de la consommation énergétique des équipements informatiques pourrait être évité par des pratiques plus sobres au quotidien. L'écoconception numérique s'étend aussi aux sites web et outils digitaux en appliquant des principes d'efficacité et de sobriété : code optimisé, baisse des requêtes serveurs, choix d'hébergeurs écologiques et dégraissage des contenus. Favoriser un pilotage responsable et une culture Green IT Au-delà des solutions techniques, la mise en place d'une gouvernance Green IT reste fondamentale. Cartographier précisément le système d'information, adopter des indicateurs de performance environnementale, sensibiliser et former les collaborateurs sont de véritables leviers de transition vers un numérique responsable. Il est indispensable d'impliquer toutes les parties prenantes, des décideurs aux utilisateurs, pour réussir ce changement culturel. Inscrire le Green IT au coeur de la démarche RSE de l'entreprise, c'est aussi soutenir la crédibilité de la marque et encourager la fidélisation des clients sensibles aux enjeux climatiques, tout en répondant à la pression réglementaire montante sur la traçabilité des émissions de CO2. *** La prise de conscience autour de l'impact environnemental du numérique s'installe durablement dans le paysage français, mais les actions concrètes demeurent encore à renforcer. Le Green IT n'est plus un simple choix mais une nécessité, qui implique d'aller au-delà de la seule sensibilisation pour intégrer des pratiques responsables à tous les niveaux de l'organisation, de l'achat aux usages quotidiens. Face à un impact qui pourrait tripler d'ici 2050 sans inflexion forte, il est urgent que l'ensemble des acteurs s'empare du sujet et bâtisse des stratégies numériques réellement durables et résilientes. Les 3 points clés à retenir Le Green IT vise une réduction concrète et mesurable de l'empreinte carbone numérique, notamment via la prolongation du cycle de vie des équipements, la sobriété des usages et l'optimisation des infrastructures. L'écoconception des services, la virtualisation, le cloud vert et la gouvernance responsable forment la base de toute démarche Green IT efficace. Mettre le Green IT au coeur de la stratégie RSE, c'est associer performance, maîtrise des coûts et engagement environnemental, tout en renforçant la résilience de l'entreprise